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Abraham

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Look, Here Comes The Dark!


Pays : Suisse

Date de sortie : 2018

Note du kronikeur :

Skartnak

Incroyable

Note des lecteurs :

SkartnakSkartnakSkartnakSkartnakSkartnak

Total : 9 notes

Style : Post-metal


Pour les Fans de : Cult Of Luna, Rosetta, The Ocean, Darkspace



Note cet album :

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Skartnak.com Abraham, formation lausannoise de « post-metal » (un assemblage de divers genres que je développerai par la suite), nous présente « Look, Here Comes The Dark ! », son troisième album sur Pelagic Records, sept ans après « The Serpent, The Prophet And The Whore ». Il s’agit d’un album concept qui narre la déclin et la fin absolue de l’humanité sur terre en quatre actes et 1 heure 50 minutes de temps : L’Anthropocène, le Phytocène, le Mycocène et l’Oryktocène. Une véritable épopée à travers la dystopie jusque vers l’obscurité. Pour cette fois, et compte tenu de la longueur et de la richesse de l’album, je vous propose un compte-rendu titre après titre.

I Ride The Last Sunrise: la piste qui nous hante dès la première nanoseconde avec ses harmonies vocales si déconcertantes et à la fois si belles, cette même confusion qui nous pénètre lorsqu’on examine attentivement les harmonies vocales dans des formations comme Dead Can Dance, Katatonia ou encore Anathema période ‘The Silent Enigma’. Les guitares sonnent beaucoup plus trve kvlt qui votre groupe de post-hardcore standard, ce qui se confirme sur une majorité des pistes de l’album. Les parties plus lentes nous plongent dans du Xasthur/Nocturnal Depression, mais avec plus de vigueur et un son plus gras et mille fois plus travaillé. Ce titre introduit l’album et le premier acte qu’est l’Anthropocene, autrement dit l’époque actuelle dans un futur incertain, où la panique trouve déjà son compte parce que l’humanité est consciente qu’elle a vécu au-delà de ses moyens pendant trop longtemps.

Wonderful World : Ou comment créer une contradiction totale entre le titre et la musique. On imagine le cadavre fossilisé de Louis Armstrong, écrasé par la pesanteur de l’humanité et son impact sur l’écosystème (je vous précise qu’il ne s’agit point d’une reprise mais bien d’une composition originale). Une sorte d’optimisme forcé, à l’image d’une lutte pour la vie.

Wanderer : on retrouve les voix déconcertantes qui nous rapprochent vraiment au black metal voire même le sous-genre soporifique qu’est le DSBM, entre Arckanum et Unreqvited. Je vous le rappelle encore une fois, il s’agit d’un groupe qu’on a tendance à mettre ensemble avec The Ocean et Cult Of Luna plus que les inspirations qui me viennent en tête. Mais Abraham brouillent définitivement les frontières entre le post-hardcore et le post-black en prenant le meilleur de chaque monde et en complimentant les qualités de ces sous-genres en éliminant les défauts.

Hyperoïne : Rimshots et Moog dans la partie centrale. On sort carrément du clash des deux styles évoqués ci-haut, et on entre dans la terra incognita ou errent les quelques adeptes de Magma, Frank Zappa et l’Anathema actuel, à la seule différence qu’ils ne sont plus envahis par la tristesse mais par une colère hobbésienne (Google est votre ami : Thomas Hobbes, bellum omnium contra omnes). Très difficile de qualifier une piste de manière analytique comme la tentative précédente. C’est bien pour cette raison que la chronique a pris tout ce temps, précisément la mise en mots et l’attribution de sens à un sentiment si primal et primaire. Les tripes : 1 – le cerveau : 0. On arrive gentiment à s’identifier au concept qui opérationnalise les quatre dimensions/volets de ce disque.

To The Ground : De nouveau, changement de véhicule musical, on passe carrément à du dark ambiant assez en ligne avec le titre de l’album. La noirceur est définitivement là, le vide abyssal, la solitude et la peur qui l’accompagnent aussi. C’est ici que l’on passe au second acte, le Phytocène, ou la végétation a repris le dessus et écrase l’humanité, comme une sorte de punition après ces millénaires à être passée sous la botte impitoyable de l’humain.

Silent At Last : Oui, le silence est là et la perception de ce silence transforme la voix, qui était criarde au début et devint désormais plutôt gutturale mais également très cruelle à travers les cris épisodiques façon black suédois. Puis la dernière minute lo-fi, qui n’est pas sans nous rappeler Les Légions Noires ou autres obscures démos que l’on écouterait pas la nuit à moins de vouloir atteindre un limbo onirique comme dans ‘Inception’.

Dead Cities : Le retour de la revanche du vacuum spatial. Là ou d’autres formations parviennent à embellir l’espace, à nous vendre le vide, le silence et le noir absolu de telle sorte qui nous souhaitons découvrir l’inconnu, Abraham propose l’équivalent musical de l’anti-matière avec l’accent sur l’« anti ». On reste fasciné mais c’est une fascination morbide, on ne souhaite plus s’approcher et s’immerger dans cet environnement. ‘Dead Cities’ met l’auditeur mal à l’aise mais pas au point de nous faire sauter la piste. Un des titres les plus riches au niveau de la batterie et avec un petit clin d’œil (in)volontaire aux Bâlois de Darkspace avec ce petit tapping au milieu de la chanson. Même si, selon le concept de l’album, on se situe encore dans le Phytocene, i.e. le retour du règne végétatif sur l’architecture humaine, on sent déjà le côté très spatial de l’Oryktocene.

Invocation : Une des pistes les plus courtes mais de loin ma préférée. Harmonies vocales liturgiques et lovecraftiennes à la fois, une véritable invocation à juste titre.

Rise, Goddess : La folie de la fin imminente de l’humanité s’installe. Un fil rouge très clair avec la guitare bien réverbisée laisse un canevas large pour l’alternance entre blastbeats maitrisés et passages mid-tempo accompagnés d’une cacophonie vocale ordonnée dans le chaos. Encore une fois, difficile à mettre en mots l’inconscient, la véritable articulation doit se sentir dans le subconscient. L’ère de la post-humanité et de la post-vérité est mise en notes ci-présent, et ‘Rise, Goddess’ s’avère être la clôture la plus convaincante de la première moitié de l’album et une bonne conclusion du Phytocene.

Errant : Introduction au Mycocène, fin de la richesse végétative et le commencement de l’ère des filaments de Fungi. C’est l’absorption de toute vie en une seule entité, la création d’une conscience commune dans une entité qu’est le Dieu Mycélium (« God Mycelium »). Place à des passages plus vides mais aussi des bizarreries jazzy distribuées sporadiquement comme la ligne de basse de ce morceau.

Sanctuaire : Continuant dans la même lignée que le précédent « Errant », mais avec un retour de beauté dans les leads de guitare, presque comme une lueur d’espoir avant l’absorption dans une conscience commune, peu importe si votre référence est le Bärkatlanm, le Demogorgon, les Borg ou autre, vous comprendrez l’état dans lequel la piste vous transporte.

God Mycelium : « We Are One ». L’assimilation est complète, la confusion est réelle, on arrive à la partie centrale du Mycocène. Les doubles voix remplies de désolation font leur grand retour et s’assemblent avec la voix gutturale et les autres éléments précédemment cités. Le chaos se régularise, que ce soit au niveau des instruments ou des voix, et tout se termine en unisson et en decrescendo.

Vulvaire : Un retour au calme avec une tournure explosive, on sent que ce titre deviendra un tube et indispensable lors des sets live. Probablement la plus représentative des chansons d’Abraham.

All the Sacred Voices : un synthé au flanger isolé, un cri de désespoir qui sonne comme un King Diamond embryonnaire, à savoir un falsetto déséquilibré, penchant dans la folie et se préparant pour la fin du monde tel qu’on le connait.

Urnacht : Morceau quasiment instrumental, avec quelques voix isolées, au loin, des voix en perdition, quelques notes de piano à écarts temporels considérables, qui fournit la conclusion au Mycocène.

Wind : Un mélange de Moog et de synthés plutôt cyber-indus nous projettent dans l’Oryktocène : la fin absolue de la vie sur Terre, la désolation est à son comble. On ressent la même froideur que pour Darkspace (l’analogie me revient souvent, mais c’est un grand compliment), à la différence que la présentation du vide cosmique par Abraham se fait de manière lente et lourde au lieu de frénétique et légère. Les deux versions font sens et me procurent la même sensation. Encore une des chansons qui ressort particulièrement du lot par sa qualité à véhiculer des émotions fortes. Espérons qu’on pourra y assister en live.

Erth : La voix de la hantise liturgique fait son grand retour, cette fois dans l’Oryktocène, pour narrer l’absence de toute vie, la Terre n’étant plus qu’un rocher géant, inerte et inhabité, gravitant ans un continuum entre matière et anti-matière. Une voix qui s’enchaine par une série d’explosions exécutées par la batterie, et un mur de distortion s’ensuit rapidement. Une deuxième perle dans le volet final de la quadrilogie, qui fait pencher mon cœur vers l’Oryktocène pour la meilleure partie de l’album. Serait-ce parce que je m’identifie à ces pensées nihilistes ? Peut-être. Ecoutez et donnez-moi vos retours personnels.

Fire : Monotone, lent, dense. D’habitude, le genre de qualificatifs que j’emploi pour dénigrer une création musicale. Etonnamment, les barbus d’Abraham (on compte aussi la barbe intérieure de Dave Schlagmeister, Action Hank style) parviennent à en faire une merveille, une pièce de résistance qui véhicule clairement, que vous ayez compris le concept de l’album ou pas, la projection dans le vide et l’inconnu, la disparition, la fin totale.

Space/Departure : Là où le pénultième ‘Fire’ annonçait le départ dans l’inconnu, cette chanson confirme la direction. Composition à batterie et guitares minimalistes, et une fin en crescendo et une augmentation du bruit, laissant résonner tous les instruments jusqu’à en faire de la noise ambiante dans les 2 dernières minutes. La Terre est vide et oubliée, l’apocalypse est réelle cette fois, et la boucle est bouclée quant aux quatre étapes de la fin de l’humanité.

Près de deux heures de musique prenante, qui ne nous laisse à aucun moment dans l’ennui. Une cohérence dans les quatre parties non seulement, mais aussi une originalité et une identité propre dans chaque titre. N’étant point le plus grand connaisseur des scènes post-insérer-votre-genre-ici, je peux néanmoins dire que ce groupe a vraiment su forger son propre caractère, devant ainsi son propre standard et non l’associé d’autres groupes phares du genre. Au grand public maintenant de reconnaitre cette auto-détermination musicale dans « Look, Here Comes The Dark ! ». En somme, un candidat solide pour le Top 10 de 2018.

Kronik : Sanders

AbrahamAbraham

Plus d'infos :

Label : Pelagic Records

Facebook : www.facebook.com/abrahamtheband

Site du label : pelagic-records.com


Kronik ajoutée le : 09/05/2018

Kronik cliquée : 190 fois


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